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Table ronde : oser la transformation numérique de son entreprise ?

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6 mai 2020

Julien Ranty

Comme chaque année, la Nantes Digital Week est LE rendez-vous incontournable de la rentrée pour l’écosystème numérique nantais. Ce festival des cultures numériques est l’occasion parfaite pour découvrir, partager, (s’) enrichir et (s’) inspirer autour de diverses thématiques. Cette année encore et malgré le contexte de la crise sanitaire, la Nantes Digital Week s’est déroulée avec une programmation riche et dense.

L’édition 2020 fut l’occasion pour Odiwi de s’inscrire en tant qu’acteur du numérique à la programmation. L’agence souhaitait témoigner au travers de son expérience sur un enjeu majeur pour la société d’aujourd’hui : le numérique responsable. Vaste sujet de prime abord mais qui revêt d’une importance capitale tant il s’inscrit dans des problématiques urgentes et vitales.

La magie des interactions provoquées par la Nantes Digital Week a permis à trois acteurs dont Odiwi de s’unir et s’associer pour organiser une table ronde sur cette thématique. C’est ainsi qu’Anne Rabot (Brigeek), consultante en Green IT et spécialiste du numérique responsable et Thibault Dugast (Collectif Translucide), spécialiste en éco-conception web, se sont associés à Odiwi et plus particulièrement Fabien et Julien, respectivement Facilitateur Pôle Développement et Business Developer. Trois profils d’entités différentes pour partager nos visions et nos expériences sur le numérique responsable et les solutions possibles pour limiter l’impact négatif de ce secteur d’activité.photo table rondeScène de La Cantine du Numérique accueillant la Table Ronde

Le rendez-vous était donné au public en ce mardi 22 septembre dans un lieu, non moins incontournable de la scène numérique nantaise, La Cantine du Numérique, pour assister à une table ronde entre Odiwi, Brigeek et Translucide. Événement accueillant du public dans le plus strict respect des mesures sanitaires et dans la limite de 30 personnes, une retransmission vidéo en live a permis à une vingtaine de personnes supplémentaires d’y assister sans se déplacer.

Après une brève présentation des cinq intervenants, Anne a dévoilé au travers d’éléments concrets l’impact du numérique sur notre environnement et le contexte dans lequel s’inscrivait la nécessité de s’orienter vers un numérique plus responsable. Nous pouvons retenir en chiffre marquant que le numérique représente 2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre* sur une année, soit autant que le transport aérien ! Autre chiffre qui permet de prendre conscience que le numérique a un impact extrêmement fort, concerne l’empreinte numérique d’un utilisateur sur une journée au bureau. Cela représente la consommation de 51 ampoules de 25W allumées pendant 8h, 29km en voiture et 7 packs d’eau de 9L… Donner de telles informations permet de mieux sensibiliser et de mieux faire comprendre que le numérique, comme tout secteur d’activité, a un réel impact sur notre environnement. Encore méconnu ou sous-estimé, il est capital aujourd’hui d’informer et de communiquer pour une prise de conscience collective.

À la suite de cette remise en contexte du sujet, Anne s’est ensuite tournée vers ses interlocuteurs afin d’aborder différentes questions et notamment sur la manière dont nos structures appréhendent le sujet. Le point intéressant des interventions était la différence entre une structure traditionnelle comme Odiwi qui mute et qui se transforme en interne pour ensuite porter le sujet vers ses partenaires et le Collectif Translucide qui est né de cette volonté de travailler et d’accompagner les entreprises sur l’éco-conception web.

À la différence de Translucide où leurs clients viennent les voir pour cet engagement et ses valeurs d’éco-conception web, Odiwi est dans une démarche de mutation en interne pour ensuite tenter d’inspirer ses clients. L’objectif est de les amener progressivement à profiter du mouvement initié par leur transformation numérique pour tendre vers un modèle plus responsable. Mais bien que les approches soient différentes, Odiwi comme Translucide insista sur le fait que le besoin de pédagogie de la part d’acteurs comme nos structures est indispensable pour faire du numérique responsable un enjeu pris en compte par le monde de l’entreprise (et du grand public !).

La Cantine du Numérique, lieu incontournable nantaiscantine du numerique

Adèle préparant la captation vidéo pour la retransmission livecheck

Des échanges sur la scène de La Cantine du numérique, nous retiendrons également l’un des points essentiels à avoir en tête lorsqu’on parle de numérique responsable c’est qu’il s’agit là d’une vision holistique. Le numérique a un impact sur différentes sphères qui façonne l’environnement global. Il y a une notion écologique mais également sociale ! Si Odiwi et Translucide a des façons d’aborder et des démarches différentes, les notions d’agilité et de permaculture étaient au cœur du processus. Non, la permaculture n’est pas un concept uniquement lié au monde de l’agriculture et du jardinage ! La permaculture est une philosophie qui vise à donner du sens à un écosystème entier et qui permet à chaque entité de trouver sa place et d’interagir au travers d’un partage équitable.

Les débats ont également porté sur les points d’entrée (politiques RSE, sensibilisation…) et les freins à lever (performance, coûts…) pour inspirer et convaincre nos clients. Les échanges ont permis au public présent de découvrir la manière d’aborder ce sujet d’un point de vue business.

L’une des visions communes également des intervenants de cette table ronde portait sur l’agilité des projets numériques comme critère prioritaire. Afin de développer et concevoir des outils en minimisant l’impact environnemental, il est souvent essentiel de réduire le périmètre fonctionnel souhaité par le client. Développer des fonctionnalités qui peuvent être considérées comme superflues et qui risquent de ne pas être utilisées n’a pas de sens. L’étude du besoin est donc l’un des premiers axes de travail.

Le choix des technologies utilisées est ensuite un point important à prendre en compte. Privilégions la robustesse et l’ancienneté des technologies ainsi que l’accessibilité du code plutôt que des méthodes complexes mais en vogue. Cela ne signifie pas que l’on doit dire non aux évolutions mais ces dernières doivent être analysées, jugées avant de se lancer dedans par simple effet de mode. Voyons comment réduire le code et les dépendances technologiques pour répondre à des besoins réels concrets et non à des nouvelles tendances qui peuvent être attirantes.

Mais le numérique c’est également du matériel comme l’équipement informatique et les solutions invisibles des utilisateurs comme les serveurs d’hébergement. Il s’agit là encore de composants à prendre en compte. Allonger la durée de vie des équipements est aujourd’hui une nécessité, surtout au vu de l’impact qu’à la fabrication de matériel IT. Pour donner un exemple précis, 22 kg c’est la quantité de produits chimiques qu’un ordinateur nécessite, ajoutés à 240 kg de combustible et 1,5 t d’eau claire. Produire un ordinateur de bureau, c’est utiliser l’équivalent de près de 2 tonnes de ressources naturelles*. C’est pour cette raison que privilégier les équipements en 2e main est une possibilité. La collecte et le recyclage d’équipement sont également une solution envisageable.

Retransmission live pour le publiclive table ronde

Les acteurs de la Table Ronde pendant la séance de questions/réponsescheck

La table ronde s’est poursuivie par un jeu de questions/réponses entre le public présent et les internautes qui ont suivi en live les débats. Entre pédagogie, nécessitée d’accélérer sur ces problématiques et besoin d’inclure toutes les parties prenantes d’une entreprise (internes comme externes et pas uniquement les clients), les sujets n’ont pas manqué de créer de beaux échanges.

Pour clôturer la table ronde, les débats se sont poursuivis par un sujet d’actualité inévitable à savoir la 5G. Avec la participation au débat de Francky Trichet, adjoint au maire de Nantes en charge de l’innovation et du numérique, les discussions ont notamment porté sur le besoin de débattre du modèle de société que l’on souhaite et du besoin véritable de ces technologies. Malgré la course en avant effrénée vers de nouvelles technologies, ne serait-il pas également préférable de prendre le temps de regarder en arrière et d’analyser l’impact global qu’ont eu des anciennes technologies (comme la 4G) ? Le besoin impératif d’obtenir de vraies études d’impact d’un tel dispositif comme la 5G est également indispensable pour éviter des débats biaisés. Mais encore une fois, il est primordial de mener une vraie réflexion sur le modèle de société que nous souhaitons et le numérique responsable doit être plus que tout mis au cœur des préoccupations afin d’apporter collectivement des solutions.

Odiwi a été fier de participer aux côtés de Translucide et de Brigeek à cet événement qui permet de mettre en lumière ce sujet et de donner des clés de réflexion au public ayant répondu présent. Nous remercions chaleureusement Anne et Thibault pour notre collaboration sur cet événement ! Nous espérons que les discours et les messages passés ce jour-là ont pu trouver un écho auprès du public afin que chacun s‘empare de cette problématique !

* Chiffres parus dans l’étude « WeGreenIT » menée par la WWF en 2018